Gustave Moreau
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Gustave Moreau

Mar 29, 2023

Gustave Moreau

Peintre français 


Né : 6 avril 1826 - Paris, France

Mort : 18 avril 1898 - Paris, France


Enfance


Gustave Moreau est né à Paris en 1826 dans une famille bourgeoise aisée. Son père, architecte, veille à ce que Moreau reçoive une éducation classique, tandis que sa mère, musicienne de talent, s'occupe de lui en raison de sa mauvaise santé lorsqu'il était enfant. À l'âge de 13 ans, sa sœur Camille meurt et Moreau est retiré de l'école pour cause de maladie. À 15 ans, il visite l'Italie et développe rapidement un vif intérêt pour l'art, en particulier celui de l'Antiquité gréco-romaine et byzantine et de la première Renaissance italienne. Plus tard, vers l'âge de 18 ans, il étudie avec François-Édouard Pico, peintre néoclassique, et prépare le concours d'entrée à l'École des Beaux-Arts de Paris.


Formation et travaux initiaux


Moreau est admis à l'École des Beaux-Arts en 1846 et y étudie pendant trois ans. À deux reprises, en 1848 et 1849, il se présente au prestigieux Prix de Rome, mais échoue à chaque fois. Au cours des deux années suivantes, Moreau étudie la peinture au musée du Louvre et, au début des années 1850, il exécute quelques commandes du gouvernement.


En 1851, Moreau se lie d'amitié avec le peintre Théodore Chassériau, qui avait étudié avec Jean-Auguste-Dominique Ingres. Moreau est profondément influencé par le travail de Chassériau - en particulier par son intérêt pour la combinaison d'éléments d'esthétique néoclassique et romantique - et installe un atelier à côté du sien. C'est une période clé pour le développement artistique de Moreau et, en 1852, ses œuvres sont exposées pour la première fois au Salon officiel. La même année, ses parents lui achètent une maison à Paris, au 14 rue de La Rochefoucauld (aujourd'hui musée national Gustave Moreau). Il y installe un atelier au troisième étage, qui restera son lieu de travail jusqu'à la fin de sa vie. En 1856, Théodore Chassériau, ami proche et mentor de Moreau, meurt à l'âge de 37 ans.


Période de maturité



Peu après la mort de Chassériau, Moreau retourne en Italie, où il voyage beaucoup, étudiant l'art de la Renaissance et les maîtres maniéristes. Au début de 1858, Moreau rencontre le jeune Edgar Degas à Rome. Les deux hommes se lient d'amitié et voyagent ensemble à Sienne et à Pise. Tous deux influencent considérablement l'œuvre de l'autre, et chacun réalise au moins un portrait de l'autre. Par la suite, leur esthétique s'est développée de manière très différente, comme en témoigne un commentaire de Degas, rapporté par le poète français Paul Valéry : "Il voudrait nous faire croire que les Dieux portent des chaînes de montre". Mais les deux hommes sont restés amis par la suite, malgré leurs différences artistiques.

Portrait of Gustave Moreau by Edgar Degas (circa 1860)

Portrait de Gustave Moreau par Edgar Degas (vers 1860)

Moreau retourne à Paris en 1859, où il rencontre Alexandrine Dureux. Leur relation n'est pas bien comprise, en partie parce que Moreau a brûlé leur correspondance à la mort de Dureux. Cependant, Moreau l'a décrite comme sa "meilleure et seule amie" et l'a initiée au dessin. Bien qu'ils soient restés ensemble pendant plus de 20 ans, ils ne se sont jamais mariés, pour des raisons inconnues, bien que certains critiques aient suggéré que Moreau ait pu être homosexuel.

Photographie d'Alexandrine Dureux (1883)

Photographie d'Alexandrine Dureux (1883)

En 1864, Moreau expose Œdipe et le Sphinx au Salon. Cette œuvre attire l'attention du public et de la critique et confirme la position de Moreau en tant que membre sérieux de l'establishment artistique, marquant ainsi le début de sa carrière mature. En effet, il convient de noter que Moreau n'a rien à voir avec le rejet symbolique du goût sanctionné par l'État par les artistes qui avaient créé l'année précédente le "Salon des Refusés". Œdipe a d'abord été acheté par le prince Napoléon, cousin germain de l'empereur Napoléon III.

Œdipe et le Sphinx (1864)

Œdipe et le Sphinx (1864)

En 1869, Moreau expose Prométhée et Europe au Salon annuel. Bien qu'il reçoive une médaille pour ces tableaux, les critiques sont sévères et Moreau se retire dans son atelier pendant plusieurs années : une période de réclusion qui a peut-être contribué à l'image d'un mystérieux ermite qu'on lui attribuera plus tard. Pendant cette période, Moreau explore de nouvelles directions radicales pour sa peinture, ce qui aboutit à un retour triomphal au Salon en 1876 avec L'Apparition. Il reçoit un certain nombre d'honneurs officiels au cours des années suivantes, devenant Officier de la Légion d'Honneur en 1883. L'année suivante, la mère de Moreau, dont il était très proche, meurt, plongeant l'artiste dans le désespoir.

Autoportrait de Moreau (1872)

Autoportrait de Moreau (1872)

La période tardive


En 1886, le poète Jean Moréas publie le Manifeste du symbolisme. Bien que le mouvement s'intéresse principalement à la poésie (Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé et Paul Verlaine sont les principaux chefs de file littéraires du mouvement), les symbolistes adoptent Moreau comme figure de proue artistique, et Moreau est depuis lors associé au symbolisme littéraire et artistique. Cela s'explique en partie par l'influence du roman À Rebours (1884) de Joris-Karl Huysmans, qui consacre un chapitre entier à l'art de Moreau.

L'étude de Gustave Moreau (1894-5) par Henri Matisse

L'étude de Gustave Moreau (1894-5) par Henri Matisse

En 1888, Moreau est élu à l'Académie des Beaux-Arts. Deux ans plus tard, Alexandrine meurt. Profondément attristé, Moreau peint en sa mémoire Orphée au tombeau d'Eurydice (1891). Entre 1892 et sa mort en 1898, il est professeur à l'École des Beaux-Arts, où il compte parmi ses élèves Henri Matisse, Georges Rauoult, Georges Desvallières, René Piot et d'autres artistes associés au mouvement fauviste. Le plus célèbre d'entre eux, Matisse, a noté que l'approche de Moreau en matière d'enseignement était révolutionnaire, puisqu'il faisait visiter à ses élèves les grands musées de Paris dans le cadre de leur formation. En effet, bien que la plupart des récits de la vie de Moreau la décrivent comme un ermite, presque dépourvue d'incidents, les souvenirs de ses élèves brossent le tableau d'une figure inspirante et géniale. Il a également consacré les dernières années de sa vie à planifier la transformation de sa maison parisienne en musée, contenant à la fois des œuvres achevées et inachevées, ainsi que des objets et des meubles de sa vie quotidienne.


L'héritage de Gustave Moreau



L'influence de Moreau se retrouve dans l'œuvre d'un éventail exceptionnellement varié d'artistes et d'écrivains. Henri Matisse, un artiste qui a révolutionné l'art moderne, a déclaré que l'enseignement de Moreau avait été fondamental pour son développement artistique : "Il ne mettait pas ses élèves sur la bonne voie, il les en écartait. Il les mettait mal à l'aise... Il ne nous montrait pas comment peindre, il éveillait notre imagination". Un autre élève privilégié, le peintre George Rouault - qui, comme Matisse, a été associé au fauvisme au début du XXe siècle - a parlé du grand respect de Moreau pour le style individuel et la vision de chaque artiste dont il était le tuteur.

Photographie de Gustave Moreau

Photographie de Gustave Moreau

Le musée Gustave Moreau est toujours ouvert aux visiteurs et permet de voir des œuvres inachevées, des illustrations et d'intrigantes esquisses et aquarelles expérimentales qui frôlent l'abstraction. André Breton, le fondateur du surréalisme, a visité le musée lorsqu'il était adolescent et a été fortement marqué par cette expérience : "Ma découverte, à l'âge de seize ans, du musée Gustave Moreau a influencé à jamais mon idée de l'amour... La beauté et l'amour m'y ont été révélés pour la première fois par l'intermédiaire de quelques visages, des poses de quelques femmes". L'intérêt de Moreau pour les rêves et ses tentatives d'exprimer un état émotionnel abstrait par la forme, la couleur et la juxtaposition influenceront considérablement Breton et d'autres surréalistes, dont Salvador Dalí.

Orpheus (1865)

Orpheus (1865)


L'influence de Moreau est également perceptible dans les cercles littéraires. Outre Joris-Karl Huysmans, on trouve des réponses à Moreau dans l'œuvre du poète français d'origine cubaine José-Maria de Heredia, qui a écrit des sonnets inspirés par la peinture de l'artiste, et dans les écrits de Marcel Proust, un visiteur fréquent de la maison de Moreau.

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